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La FIT, voix des associations de traducteurs, d’interprètes et de terminologues à travers le monde, estime nécessaire de préciser sa position sur les stages concernant ces professions.

Les stages se présentent sous de multiples formes. Ils permettent essentiellement aux stagiaires (étudiants de l’enseignement secondaire ou supérieur) d’acquérir une expérience du travail intellectuel et des carrières professionnelles dans diverses entreprises ou institutions. La législation sur les stages varie d’un pays à l’autre et il existe souvent une distinction entre organisations à but lucratif ou non lucratif.

Avantages

Les stages présentent un certain nombre d’avantages pour les stagiaires, notamment :

  • Ils peuvent déterminer si certaines carrières leur conviennent.
  • Ils peuvent développer certaines compétences et acquérir une expérience, lesquelles leur seront précieuses par la suite dans leur vie professionnelle.
  • Les stages leur ouvrent de nouvelles perspectives et leur permettent d’établir des réseaux de contacts.
  • Le stage peut leur ouvrir des portes et leur permettre d’obtenir plus tard un poste permanent au sein d’une organisation.
  • Ils font l’expérience d’environnements différents de ceux des établissements scolaires ou universitaires.
  • Ils pourront éventuellement présenter des références à de futurs employeurs.

De leur côté, les organisations concernées tirent parti des stages. Ainsi :

  • Les candidats appropriés peuvent être identifiés pour un emploi permanent ultérieur.
  • De tels candidats nécessitent moins d’être formés à leur poste lorsqu’ils deviennent des employés à temps plein dans leurs organisations respectives.
  • Des stages réussis ont un impact positif sur l’image et la réputation de l’organisation.
  • Les organisations bénéficient des idées neuves apportées par de jeunes personnes.
  • Elles acquièrent une meilleure perception des cursus universitaires.

Rémunération

Les avantages d’un stage, à la fois pour l’employeur et pour le stagiaire, peuvent sembler évidents. Néanmoins, lorsqu’il s’agit de la rémunération du stagiaire, plusieurs questions doivent être considérées :

  • Le stage est-il une partie obligatoire des études et donne-t-il lieu à des points de crédit ?
  • Le stage demande-t-il un encadrement plus ou moins constant et étroit des stagiaires ?
  • Le bénéfice du stage est-il plus grand pour les stagiaires que pour l’employeur ?

Une réponse affirmative à ces questions laisse suggérer que le stage fait partie des études ou de la formation et donc sans nécessité de versement d’un salaire minimum ; en revanche, attribuer une appréciation sous une forme ou une autre semble équitable.

Si toutefois le ou la stagiaire est en mesure d’accomplir son travail de façon indépendante et d’assumer certains types de responsabilités et que l’employeur profite directement de ce travail, un salaire minimum devrait au moins lui être versé et cet emploi de stagiaire ne devrait en règle générale pas excéder neuf mois.

Une telle distinction semble claire pour des organisations à but lucratif, mais pour celles qui ne le sont pas, la situation est plus complexe. Comme de telles organisations opèrent fréquemment à un niveau international ou aident des personnes d’autres pays dans un contexte national, il leur faut souvent des traducteurs et des interprètes pour accomplir leur tâche. Dans de nombreux cas, recruter des stagiaires sans les payer semble une bonne solution, une solution économique. Ces stagiaires sont pourtant le plus souvent sans aucun encadrement et l’organisation profite énormément de leur travail. Si la totalité des autres membres du personnel de l’organisme à but non lucratif n’est pas salariée, il paraît assez juste que les traducteurs ou interprètes stagiaires ne le soient pas non plus. Toutefois, si les autres membres du personnel sont rémunérés, il n’y a aucune raison s’opposant à la rémunération de ces stagiaires.

Exigences élémentaires

Pour ces raisons, il faudrait que les stages soient :

  • temporaires, c’est-à-dire ne pas excéder neuf mois en règle générale ;
  • rémunérés : s’ils ne le sont pas, les avantages pour les stagiaires devraient clairement l’emporter ;
  • mutuellement bénéfiques;
  • basés sur l’égalité des chances, c’est-à-dire que le stage devrait être possible indépendamment de la situation financière du (de la) candidat(e) ;
  • organisés correctement : autrement dit, un plan détaillé de formation ou d’enseignement est en place, le ou la stagiaire s’est familiarisé(e) à la structure de l’organisation, a été présenté(e) au personnel et aux responsables concernés, et un superviseur lui est désigné qui réalise une évaluation des performances en fin de stage ;
  • intégrés dans un régime d’assurance maladie, accident et autres obligations ;
  • effectués dans un environnement raisonnablement sûr, intégrant des facilités de communication avec la famille du ou de la stagiaire en cas d’urgence.

Conclusion

La FIT est favorable aux stages dans la mesure où ils ne sont pas perçus comme une forme de travail bon marché ou comme un substitut à un emploi régulier. Ils doivent être équitables, bien structurés et de préférence rémunérés. Les stages sont une occasion précieuse pour que de jeunes gens puissent ainsi acquérir une première expérience directe du travail dans le secteur de la traduction, de l’interprétation ou de la terminologie.